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Bulletin d'analyse après les manifestations post electorales de fevrier 2008

BULLETIN D’ANALYSE

APRES LES MANIFESTATIONS POST ELECTORALES  DE FEVRIER 2008

 

            Dans le cadre de la protection des droits de l’homme, l’Organisation des Droits de l’Homme et de la Protection de l’Environnement (ODHPE), revient sur les évènements de Février 2008 et s’interroge sur l’acharnement que subit la famille de Dame NOUFELE 

 

            En effet, dans notre bulletin d’analyse du 16 Août 2007 relatif aux élections municipales et législatives du 22 / 07 / 07, nous avions fait un constat et selon lequel la situation socio politique du Cameroun était au bord de l’insurrection. 7 mois après, les émeutes sanglantes du 25 au 28 février 2008  nous ont entièrement donné raison. Fidèle à nos objectifs de dénonciation des abus portant violation des droits de l’homme, nous avions décrié ces tragiques évènements au cours d’un point de presse.

 

            Notre initiative avait été prise non pour un positionnement, mais au contraire pour déplorer les pertes en vies humaines et les nombreux cas d’interpellation qui ont suivi, et surtout que les principales victimes étaient des jeunes dont la moyenne d’âge oscillait entre 10 et 20 ans. Les dégâts matériels étaient  aussi lourds et se chiffraient à des milliards de FCFA

 

            Cette crise sociale spectaculaire aux conséquences néfastes procédait selon notre analyse des préoccupations suivantes :

 

            1 – Préoccupation politique suscitée par une demande insidieuse sous forme de motion pour une éventuelle révision de la constitution du 18 Janvier 1996 axée sur l’article 6 alinéa 2

 

            A cet effet, dans une déclaration datée du 15 Janvier 2008, ODHPE avait fait connaître sa position en révélant les tares que recèle ladite constitution.

 

            2 - Préoccupation économique provoquée par une grève des transporteurs urbains et interurbains qui protestaient contre la hausse des prix du carburant à la pompe et diverses autres tracasseries policières et administratives.

 

            3 – Préoccupation sociale liée à la vie chère dans la mesure où la non coordination de la grève a été récupérée  par la rue, ce qui avait déchaîné tant de violences avec les conséquences que nous connaissons.

 

             Cette crise avait mis à nu la situation explosive latente que nous avions décriée le 19 février 2008 à travers une lettre ouverte adressée au Ministre d’Etat, Ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation sous le couvert de Monsieur le Gouverneur de la Province du Littoral.

 

            Quatre mois après ces tristes évènements et au moment où le Chef de l’Etat vient de décider d’élargir certains de ceux qui ont été arrêtés et incarcérés, ODHPE s’interroge sur l’acharnement subi par l’arrondissement de Douala Ve qui a été fortement affecté car tous ses services publics ont été incendiés (Sous Préfecture,  Mairie, Commissariat de la Sécurité Publique et le centre des Impôts) sans compter les commerces  des particuliers.  

 

            Pour justifier cette barbarie ayant pour cible les institutions publiques de cette localité, notre bulletin du 16 Août 2007 présentait cet arrondissement comme celui où les élections de 2007 avaient été les plus contestées dans la mesure où, à l’issue des scrutins, des cas de vandalisme avaient été perpétrés sur l’instigation d’une dame au nom de NOUFELE Dolorès, propriétaire d’un commerce de télécommunication et qui serait portée disparue depuis Août 2007. 

 

            Pour plus d’éclairage, il ressort d’une enquête de l’un de nos membres dépêché en Juin 2008 dans l’arrondissement de Douala Ve, que la famille de Dame NOUFELE Dolorès présumée investigatrice des émeutes post électorales était au centre d’un trafic  de cadavres dans un centre hospitalier .

 

            A cet effet, dames MBIANDA Gertrude et TCHATCHOUA Madeleine épouse  MBAKOP respectivement mère et tante de Dolorès sur qui pèsent de forts soupçons ont été convoquées à la DPPJ/L le 10 Juin 2008 pour complicité d’évasion et incitation à la rébellion où elles sont gardées à vue pour besoins d’enquête. 

 

            Ces deux affaires sont étrangement liées, dans la mesure où le cadavre recherché ne pourrait être que celui de Dame Dolorès portée disparue en Août 2007.  Qui est elle et où est elle ? Aucune information sérieuse  ne filtre.

 

            Par ailleurs,  un avis de recherche pour complicité d’évasion, incitation à la rébellion et confection de tracts est lancé contre Sieur  NKEUGNI Charlie, compagnon de Dolorès, qui également était porté disparu en Août 2007 en même temps qu’un certain TCHAPDA Elvis Luc employé de dame NOUFELE dans le commerce de télécommunication  actuellement mis sous scellé.

 

            S’agissant de ces interpellations aux mobiles politiques liés aux antécédents   électoraux, l’idée d’un règlement de comptes ne serait pas à négliger.

 

            La justice devrait donc aller en profondeur pour  la manifestation de la vérité en ce qui concerne le trafic de cadavres si effectivement il y’en a eu, et surtout identifier ces cadavres afin de lever toute équivoque.

 

            Agissant dans le cadre de la défense des droits de l’homme, ODHPE avait dénoncé et condamné les actes de vandalisme enregistrés à cause du manque d’éducation civique et morale des présumés auteurs. Nous avions également condamné la bavure des forces de l’ordre qui avaient tiré, blessé et tué des citoyens ainsi que des mauvais traitements infligés pendant la détention de ceux qui avaient été arrêtés, ceci en violation flagrante de la loi N° 90/054 du 19 Décembre 1990 voir notre site www.odhpe.org . Tous ces abus contre les citoyens interviennent en effet en marge des dispositions de l’article 25 alinéa1 de la  Déclaration Universelle des Droits de l’homme eu égard au préambule de sa charte qui stipule « considérant qu’il est essentiel que les droits de l’homme soient protégés par un régime de droit pour que l’homme ne soit pas contraint en suprême recours à la révolte et à la barbarie, seule expression contre la tyrannie, l’oppression et le manque de dialogue ».

 

            A cet effet, ODHPE avait fait des propositions au Gouvernement de la République.

           

            - Que la cause de tous ceux qui ont été interpellés pendant les émeutes ou les élections soit rendue équitablement et au respect de la loi conformément à l’article 37 du Code de Procédure Pénal Camerounais.

 

            - Application de l’article 8 du code de procédure pénale à l’encontre des prévenus  « toute personne suspectée d’avoir commis une infraction est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité soit établie au cours d’un procès où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui seront nécessaires »

 

            - La mise en place d’un comité national pour évaluer les pertes subies par les opérateurs économiques nationaux ou étrangers, l’Etat étant responsable de la protection des personnes et des biens, il doit assurer ses responsabilités afin de réparer les préjudices infligés à ces opérateurs.           

 

                                                                                                         Fait à Douala, le 30 Juin 2008

 

Le Président  Général :

 

 

 

Prince Nasser Raoul KEMAJOU

Publié le jeudi 31 juillet 2008

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