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Voici comment les pays riches tuent les africains
Communication sur le médicament anti paludéen
Nous Organisation des Droits de l’Homme et de la Protection de l’Environnement (ODHPE), venons encore une fois de plus décrier les attitudes capitalistes des pays riches vis-à-vis des africains.
Avant de préciser le rôle du pharmacien dans l’utilisation des ACT dans la lutte contre le paludisme, il est important de relever que les ACT restent encore inaccessibles dans la plupart des pays à ressources limitées.
Pris dans un sens absolu, le pharmacien est le dernier maillon de la circulation du produit, c'est-à-dire de l’accessibilité du produit. Pourtant, une telle accessibilité ne peut être envisagée de manière efficace que si les pharmaciens achètent les médicaments au prix mondial.
Tel n’est pas le cas aujourd’hui. On a l’impression dans nos pays, à l’observation, que tout est mis en place pour rendre les médicaments inaccessibles.
Pour vérifier un tel propos, il faudra tenir compte :
Des prix ACT
Des canaux de distribution
De l’intervention des Pharmaciens à chaque niveau de la chaîne.
Il y a mille et une questions autour des médicaments, en Afrique francophone en particulier. Comment peut on expliquer que les prix soient particulièrement élevés, en moyenne 10 USD pour un traitement ? C’est énorme.
Comment peut on expliquer qu’une spécialité soit financée par le Fonds mondial alors qu’en recourant aux génériques on multiplierait par 5 ou 10 le nombre de bénéficiaires du fonds ?
Pourquoi empêche-t-on aux Africains d’avoir accès au prix mondial ? Ce constat n’est pas valable pour les antipaludéens (ACT) uniquement. C’est également vrai pour tous les médicaments.
Dans les faits, en Afrique francophone, les laboratoires, les grossistes et les promoteurs médicaux sont les plus riches de la filière du médicament. Les pharmaciens d’officine ne reçoivent au maximum que 20 %.
Exemple : Cas du Cameroun
Les pharmaciens d’officine subissent les prix et ne peuvent pas dire pourquoi un médicament coûte 1.000 F CFA au lieu de 10.000 F CFA. Les prix sont « officiellement » libres mais toujours fixés par le grossiste.
Le cas le plus extraordinaire est la vente des ACT à 4 500 F CFA, prix public, c'est-à-dire environ 10 USD, alors que le même produit issu du même laboratoire peut être vendu à 3,5 USD. La différence entre 10 et 3,5 USD est énorme !
Tous les pharmaciens le savent bien. L’association Artesunate + Amodiaquine n’est pas un nouveau médicament. Même dans sa présentation bicouche, on ne doit pas tromper le patient en parlant de nouveau médicament, car l’association de deux (02) principes actifs connus dans une seule spécialité n’en fait pas un nouveau médicament.
L’association Artesunate+Lumefantrine est la résultante des recherches de l’académie militaire de Chine. Encore ici, ce n’est pas un nouveau médicament. Quand on imagine que la spécialité de cette association a fait l’objet d’un financement du Fond mondial, au Cameroun, on se pose beaucoup de questions.
Même si ce médicament était sous brevet, ne pouvait-on pas faire recours à la licence obligatoire (accord ADPIC) pour utiliser les formes génériques (DCI) qui sont très moins chères ? En le faisant, on soignerait cinq fois plus de malades.
Il est évident que ce financement est de nature à maintenir les prix élevés ?
Des études fiables ont montré que l’association Artesunate+Lumefantrine a un prix mondial maximum de 2,5 USD. Comment expliquer la vente de cette association en spécialiste à 10 USD ?
A ce rythme, comment pourrait-on définir dans l’avenir le rôle d’un pharmacien d’officine ?
Il risque de devenir un « cadavre » dans les prochaines années, occupé uniquement comme agent commercial.
Le constat est que le système de distribution pratiqué à ce jour est intéressant pour le laboratoire, le grossiste et le promoteur médical. Le seul perdant de la chaîne étant le pharmacien d’officine ! C’est inacceptable.
Fait à Douala, le 08 Juillet 2008
Expert de ODHPE
Docteur WANSI
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