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Exploration Batié
RAPPORT D’EXPLORATION DE LA CARRIERE DE DJEDEM SUR LE MONT BATIE REGION DE L’OUEST CAMEROUN.
Nous, Organisation des droits de l´Homme et de la Protection du Citoyen, de l´environnement (ODHPC), avions effectué une descente d´exploration environnementale sur la Col BATIE dans le département du Haut PLATEAU, Région de l´Ouest en date du 05 au 07 Novembre 2010 avec une équipe scientifique de ODHPC, composée de :

  • PRINCE NASSER RAOUL KEMAJOU, chercheur en écologie,
  • Dr. Wansi Joël, Expert en droit environnemental,
  • Guy Richard Kamgang, Ingénieur Géologue,
  • Lambert Ngouanfo, Journaliste TV 5,
  • Paul Mahel, Journaliste Canal 2,
  • Bernard Tchami, Journaliste Nouvelle Expression,
  • Eddy Takam, Cameraman.

PARTENAIRES : LITTORAL LOGISTICS, TRADEX, CANAL 2 INTERNATIONAL.

La carrière 215 de DJEDEM (photo 1) est située à environ 2km (côté droit) de la nationale reliant Douala à Bafoussam. C´est une carrière de sable qui est en exploitation depuis plus d´une décennie. Les artisans mineurs, extraient des flancs des collines le matériau pédologique riche en grain de quartz et, grâce à un ingénieux système hydraulique, séparent l´argile des grains de quartz qui sont alors utilisées dans les constructions par les populations des localités avoisinantes : Batiè, Bandekop, etc.


Photo1 : Carrière de DJEDEM située au pied du Mont BATIE

Elle occupe une superficie de près de 5 hectares, avec une envergure de 500 m pour une dénivellation de plus de 50 m. Un réseau de routes en terre permet aux camions d´évacuer le sable vers les zones d´utilisation. La présence de pointes dénudées entourées d´excavation indique qu´une fois le gisement épuisé, c´est-à-dire lorsque la teneur en quartz baisse considérablement, les exploitants de la carrière arrêtent de creuser et attaquent un autre flanc de la même colline ou d´une autre plus riche en grains de quartz. Cette activité n´est pas sans conséquence sur l´environnement.

Impacts environnementaux et sociaux


1- La destruction des raphias et menace sur la biodiversité

L´aménagement de la carrière a nécessité la destruction de plusieurs pieds de raphia des bas fonds qui abritent une biodiversité riche et variée. Celle-ci joue un rôle très important dans le fonctionnement de l´écosystème local. Cet impact négatif est d´autant plus important que les bas fonds sont très fertiles et l´on y produit l´essentiel des produits vivriers qui constituent la base de l´alimentation des populations avoisinantes. Les conséquences de la destruction des raphias sont sociales (la baisse du rendement agricole, donc du revenu) et écologiques (dégradation de la qualité des sols et des eaux).


Photo 2 : Raphias menacés par la carrière de sable

2- Dégradation de la qualité des sols et des eaux
Une des conséquences de l´activité de la carrière est l´érosion des versants. En effet, le ruissellement des eaux de pluie entraine le déplacement d´une grande quantité de matières solides. Le lessivage permanent des sols provoque le départ des éléments nutritifs des sols les rendant peu fertiles. Plus grave, les bas fonds reçoivent d´importantes quantités de sédiments, les risques encourus sont : le comblement des cours d´eau et la dégradation de la qualité des eaux. La mise en suspension de la matière particulaire dans les eaux augmente leur turbidité. La silice contenue dans les sédiments abaisse le pH des eaux qui deviendront à terme plus acide. Les eaux de surface de cette localité se dégradent progressivement et ne remplissent plus leurs fonctions ou usages.


Photo 3 : Eau chargée de matières particulaires

3- Risques naturels
L´abandon des points d´extraction de sable sans un aménagement adéquat préalable, constitue un risque majeur de mouvement de terrains (glissement de terrains, éboulement, etc.). En effet, l´action du climat, alternance des périodes chaudes et froides d´une part et l´action mécanique et chimique des eaux de pluies d´autre part, accélèrent la déstabilisation des flancs des montagnes (entaillées par les artisans mineurs) en désolidarisant les éléments constitutifs du sol. En outre, les risques de chute sont élevés notamment pour les visiteurs non avertis car aucun dispositif ne signale le danger.


Photo 4 : Anciens points d´exploitation

4- Modification du paysage
Le col de BATIE est une succession harmonieuse de collines séparées par des vallées qui abritent les raphias et une riche biodiversité. Ce paysage magnifique attire la curiosité des populations et de nombreux touristes. L´extraction du sable des flancs de la montagne entrainera à long termes la modification du paysage de la localité. Ainsi, la valeur touristique du site diminue progressivement au fil du temps.


Photo 5 : Nouveau paysage crée par la carrière

5- La prolifération des moustiques
Les excavations abandonnées par les exploitants de la carrière deviennent en saison de pluies des niches pour les anophèles. La multiplication de ces niches contribue à la prolifération des moustiques, vecteurs du paludisme. La conséquence directe est la recrudescence de cette pathologie dans les villages avoisinant de la carrière. Conclusion et recommandation L´exploitation anarchique du sable sur les flancs des collines du col de BATIE est une activité qui présente de nombreux impacts environnementaux, sociaux et des risques. Les autorités compétentes doivent veiller au respect des dispositions du code minier (loi n° 001 du 16 avril 2001) et de celui de la loi cadre relatif à la gestion de l´environnement au Cameroun (loi n° 96/12 du 5 aout 1996). Ces différents textes exigent aux promoteurs de ces types d´activités de mener au préalable une étude d´impact environnemental et social qui permet de prendre des mesures afin d´atténuer ou d´éliminer les impacts négatifs sur l´environnement.


Siège Social : Immeuble ex O.N.C.P.B Bonanjo 6e  étage  B.P. : 953 Douala - Cameroun
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